Pourquoi prioriser en santé publique ?
Un district sanitaire, un hôpital ou un service ne peut jamais traiter tous les problèmes de santé à la fois. Les ressources humaines, financières et matérielles sont limitées, alors que les besoins sont nombreux. La priorisation des problèmes de santé est l'étape qui permet de choisir, de façon argumentée et transparente, les problèmes sur lesquels concentrer l'action.
Définition
Prioriser, c'est classer les problèmes de santé identifiés lors du diagnostic selon des critères explicites (ampleur, gravité, faisabilité, ressources…), afin de retenir ceux qui feront l'objet d'une intervention en premier.
La place de la priorisation dans la planification sanitaire
La priorisation n'est pas une étape isolée : elle fait le lien entre le diagnostic et la définition des objectifs.
- Diagnostic de la situation : on identifie et on décrit les problèmes de santé de la population.
- Priorisation : on classe ces problèmes et on retient les plus importants.
- Fixation des objectifs : on formule des objectifs pour chaque priorité retenue.
- Choix des stratégies et des activités, puis mise en œuvre et évaluation.
Piège fréquent
Ne pas confondre problème de santé et cause. « Pas d'ambulance la nuit » n'est pas un problème de santé : c'est une cause d'un problème (par exemple la mortalité maternelle liée aux retards de transfert). Les causes servent à choisir les solutions, pas à établir la liste des priorités.
Deux grandes familles d'outils
Les outils de priorisation répondent à deux besoins différents, souvent complémentaires.
Les deux familles d'outils
Un cinquième outil, la matrice d'Eisenhower, ne sert pas à fixer les priorités de santé publique à long terme : il organise l'action immédiate d'une équipe une fois les priorités connues.
Panorama des outils étudiés dans ce cours
- La technique du groupe nominal (TGN) : une séance structurée où un groupe génère puis vote une liste de priorités.
- La grille de priorisation : chaque problème est noté sur plusieurs critères pondérés.
- La méthode de Hanlon : une formule quantitative, (A + B) × C × D, avec un filtre de faisabilité.
- Le diagramme de Pareto : la règle des 80/20 pour repérer les causes qui pèsent le plus.
- La matrice d'Eisenhower : croiser urgence et importance pour organiser l'action.
Pour retenir
Consensus = qui décide (légitimité). Score = comment on mesure (rigueur). Une bonne priorisation combine les deux.
Et la méthode Delphi ?
La méthode Delphi est l'autre grande méthode de consensus. Contrairement à la TGN, les experts ne se réunissent pas : ils répondent à distance et de façon anonyme à des questionnaires successifs. Après chaque tour, ils reçoivent la synthèse des réponses du groupe et peuvent ajuster leur avis, jusqu'à ce qu'un consensus se dégage.
TGN ou Delphi ?