En bref : qu'est-ce qu'un déchet médical et pharmaceutique ?
Les déchets médicaux et pharmaceutiques (DMP) sont tous les déchets issus des activités de diagnostic, de suivi et de traitement préventif, curatif ou palliatif, en médecine humaine ou vétérinaire, produits par les hôpitaux, cliniques, centres de santé, laboratoires et établissements similaires. Ils ne représentent qu'environ 10 à 25 % des déchets d'une formation sanitaire ; les 75 à 90 % restants sont des déchets assimilés aux ordures ménagères. Au Maroc, ils sont encadrés par la loi 28-00 relative à la gestion des déchets et à leur élimination et par le décret 2-09-139 du 21 mai 2009 relatif à la gestion des DMP, qui les classe en quatre catégories. Un DMP mal géré expose les soignants, les agents d'entretien, les éboueurs, les récupérateurs et la population à des blessures, des infections et des pollutions.
Pourquoi la gestion des déchets de soins est-elle un enjeu de santé publique ?
Une seringue jetée dans une poubelle ordinaire ne s'arrête pas à la porte de l'hôpital : elle passe entre les mains de l'agent de service, du collecteur de la commune, puis du récupérateur qui fouille la décharge. À chaque étape, elle peut piquer et transmettre une hépatite B, une hépatite C ou le VIH. Les médicaments et produits chimiques jetés sans précaution polluent le sol et l'eau. Une bonne gestion des déchets protège donc à la fois le personnel, les patients, la population et l'environnement, et contribue à la lutte contre les infections associées aux soins.
Le cadre réglementaire au Maroc
Les textes à connaître
Le principe « pollueur-payeur » et la responsabilité du producteur
L'établissement qui produit un déchet en reste responsable jusqu'à son élimination finale, même lorsqu'il confie la collecte et le traitement à une société autorisée. C'est pourquoi il doit pouvoir prouver, document à l'appui, ce que sont devenus ses déchets.
Les définitions à connaître
Le vocabulaire des déchets
Précollecte, collecte, traitement, élimination
Les quatre catégories de déchets médicaux et pharmaceutiques
Le décret 2-09-139 classe les DMP en quatre catégories. Chaque catégorie suit une filière propre et correspond à une couleur d'emballage (détaillée dans la leçon suivante).
Les catégories réglementaires
Un piquant-tranchant reste dangereux même propre
Une aiguille neuve jetée, une ampoule de sérum physiologique cassée ou une lame de bistouri non utilisée vont dans le conteneur à piquants-tranchants. Le critère n'est pas le contact avec le sang, mais le risque de blessure : une coupure ouvre la porte à toutes les contaminations ultérieures et blesse l'agent de collecte.
75 à 90 %
des déchets d'une formation sanitaire sont des déchets assimilés aux ordures ménagères. Seuls 10 à 25 % sont des déchets médicaux et pharmaceutiques à risque. Bien trier, c'est donc éviter de traiter comme dangereux (et de payer comme tel) un volume qui ne l'est pas, tout en ne laissant aucun déchet à risque partir avec les ordures ménagères.
Les risques liés aux déchets de soins
Quels risques, pour qui ?
Le trajet d'une aiguille mal jetée
Une aide-soignante jette une aiguille dans un sac noir. Le sac est compressé par l'agent de service, qui se pique : il faut lancer la conduite à tenir après accident d'exposition au sang. Si personne ne se pique à l'hôpital, l'aiguille part à la décharge publique, où un récupérateur peut se blesser en fouillant. Un seul geste de tri raté crée une chaîne de victimes. La conduite à tenir après un AES est détaillée dans le cours Gestion des risques à l'hôpital.
La filière de gestion en un coup d'œil
Les étapes de la gestion des déchets de soins
La traçabilité et la formation du personnel accompagnent toutes les étapes (leçons 3 et 5).